Les arbitrages seront rendus fin janvier, le texte discuté en février au Parlement.
François Fillon dans son meilleur rôle: celui de démineur pédagogue. Muet depuis la fin de l'année dernière, le chef du gouvernement a repris la parole en ouvrant jeudi Bercy le colloque «Nouveau monde» qu'organise le ministre de l'Industrie Eric Besson. Il est monté au filet pour défendre ce qui sera probablement la dernière grande réforme du quinquennat: la mise en œuvre de la TVA sociale .
Un sujet haut risque pour le «presque candidat» Nicolas Sarkozy. Selon un sondage de l'institut CSA pour L'Humanité , 64% des personnes interrogées se déclarent opposées la TVA sociale. Parmi elles, 35% y sont même «totalement» opposées. Seuls 33% des Français se disent favorables la mesure.
De son côté, l'opposition est vent debout contre le projet . Le candidat du PS, François Hollande, dénonce une «mystification économique» et une «faute sociale» quand son concurrent du MoDem François Bayrou y voit «une idée dangereuse» dont la mise en œuvre risque de «paupériser» salariés et retraités.
À moins de quatre mois de la présidentielle , l'Élysée n'a pas l'intention de reculer. Fillon a livré jeudi le calendrier. Il est serré: discussion avec les partenaires sociaux lors du sommet du 18 janvier, arbitrages du dispositif « la fin du mois de janvier» et examen au Parlement «au mois de février» dans le cadre d'un collectif budgétaire.
Pourquoi aller si vite? «Parce que la France ne s'est jamais distinguée par des bons chiffres en matière (d'emploi)» et parce qu'«en période de crise nous accusons encore plus le coup», estime le premier ministre.
Sarkozy veut aussi démontrer qu'il agit. Il mesure les risques et les assume. «Même si on ne peut pas tout réussir, on doit trouver des solutions», a-t-il dit mercredi ses ministres, lors du Conseil. La stratégie du chef de l'État suscite l'adhésion de la plupart des ministres. «Si on ne prend pas de risque, si on n'avance (...)